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  Algérie: 500 membres du GIA se sont rendus
Mercredi 06 Octobre 1999 - 15h30 heure de Paris

ALGER (AFP) - Cinq cent trente et un membres du Groupe Islamique Armé (GIA) se sont livrés aux autorités algériennes depuis la promulgation, le 13 juillet, de la loi sur la "concorde civile".

Une grande proportion de ces "repentis" s'est livrée dans les départements du centre du pays, ont indiqué les ministres de l'Intérieur, Abdelamalek Sellal et de la Justice, Ghaouti Mekamcha lors d'une conférence de presse, présicant que parmi eux "figurent 25 femmes".

Ce chiffre de 531 s'ajoute aux 463 éléments de la phalange El Mout (la mort) qui s'étaient rendus avant la promulgation de la loi, en juin, ont-ils ajouté. Quarante-deux d'entre eux sont également rentrés de France, d'Allemagne, des Pays-bas, d'Italie, de République tchèque, de Turquie, de Syrie, de Libye et du Soudan pour se soumettre aux autorités, ont indiqué les deux ministres.

La loi sur la concorde civile a été plébiscitée par plus de 98% des votants le 16 septembre lors d'un référendum. Elle amnistie partiellement ou totalement les islamistes armés qui n'ont pas commis de crimes de sang, de viols, ni déposé de bombes dans des lieux publics.

La plupart de ces repentis ont été "exonérés de toute poursuite pénale", alors qu'une faible proportion ont été mis "sous probation", en attendant que les autorités décident de les poursuivre devant le tribunaux ou de les remettre en liberté. M. Sellal a encore assuré qu'un groupe de 140 à 150 éléments s'apprêtait à se rendre la semaine prochaine. A la mi-septembre, le chef du gouvernement Smaïl Hamdani avait affirmé que le nombre des repentis oscillait entre 250 et 300. Le ministre de l'Intérieur s'est dit "optimiste" sur les résulats de la loi qui ne sera applicable que six mois jusqu'au 13 janvier.

Les deux ministres n'ont pas été en mesure d'évaluer le nombre d'islamistes encore en activité dans les maquis. "Il n'y a pas de chiffre précis, mais je ne suis pas sûr qu'il y en ait des milliers comme certains le prétendent", a souligné M. Sellal.

Le GIA d'Antar Zouabri est la plus redoutable des organisations islamistes armées en Algérie, opposée à toute "trêve et toute réconciliation" avec les autorités. Eclaté depuis deux ans, il est composé de plusieurs phalanges réparties à travers le pays, notamment à l'ouest, sans commandemant unifié. Certains de ses dissidents ont constitué le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) dirigé par Hassan Hattab et notamment implanté dans les zones montagneuses de l'est d'Alger, où il a multiplié les embuscades contre les forces de sécurité. Le ministre de l'Intérieur a indiqué qu'il n'y avait "aucune négociation" avec ce groupe pour l'amener à se rendre.

M. Sellal a confirmé que la loi sur la "concorde civile" ne s'appliquait pas à l'Armée islamique du salut (AIS), le bras armé du Front Islamique du salut (FIS, dissous) qui avait annoncé en juin sa reddition et sa décision de se placer "sous l'autorité de l'Etat". L'AIS est "un dossier à part", a exliqué M. Sellal, ajoutant que ses combattants sont "cantonnés, surveillés et pris en charge" sans indiquer le nombre des membres de cette organisation dirigée par Madani Mezrag. Il a en revanche souligné qu'après le 13 janvier, ses éléments qui resteraient en activité seraient combattus au même titre que tous les autres.

Le président Abdelaziz Bouteflika a prévenu récemment qu'il serait "impitoyable" envers les irréductibles des maquis après cette date. Depuis début août, les groupes armés ont tué plus de 300 personnes dans des tueries, des attentats à la bombe ou encore lors de faux barrages routiers, hantise des Algériens.


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