GROZNY (AFP) - Les missiles russes tirés jeudi sur Grozny ont fait 137 morts et 260 blessés, selon un bilan provisoire donné vendredi par le centre de presse des forces armées tchétchènes. Moscou, pour sa part, a démenti catégoriquement avoir bombardé la capitale tchétchène.Ces frappes ont fait, selon ce bilan, 68 morts sur le marché central de Grozny, près de la présidence, 41 morts près d'une mosquée touchée dans le quartier Kalinine et 28 morts dans la principale maternité de la ville, touchée de plein fouet par un missile.
Le bilan devrait s'alourdir, de nombreux blessés étant dans un état grave, selon le centre de presse. Les services médicaux de Grozny, débordés, ne sont pas en mesure de soigner tous les blessés et manquent cruellement de médicaments, a constaté un correspondant de l'AFP. celui-ci avait, la veille, personnellement compté quarante-cinq cadavres sur le marché et dans la maternité détruite.
Moscou a catégoriquement démenti vendredi ce tels bombardements. "Le ministère de la Défense dément cette affirmation des Tchétchènes", a déclaré à l'AFP un porte-parole du centre de presse du ministère. "Quant aux Tchétchènes, ils peuvent dire ce qu'ils veulent", a-t-il ajouté.
Le Centre russe d'information, chargé de la couverture du conflit dans le Caucase, a également démenti "toute implication de Moscou aux événements jeudi à Grozny". "Les forces russes n'ont pas frappé Grozny jeudi, c'est sûr à 100%", a affirmé à l'AFP Mikhaïl Askhounov, un des responsables du Centre.
"Nous avons interrogé exprès les militaires à ce sujet et ils nous ont confirmé qu'aucun avion russe n'a volé sur Grozny à cette période", a-t-il dit. "Quant aux chars russes, ils sont à une douzaine de km de Grozny et leurs obus ne peuvent pas atteindre la ville", a ajouté M. Askhounov.
Selon le responsable, "il s'agit soit d'une provocation de la part des bandits tchétchènes qui cherchent à compromettre la Russie aux yeux de l'Occident, soit d'un règlement de comptes ordinaire entre eux, soit d'un accident".