PEKIN (AFP) - Un député chinois a publiquement dénoncé les tortures employées par certains policiers afin d'arracher des aveux aux suspects, selon des propos rapportés vendredi par la presse officielle.Les gens "sont mécontents de certaines méthodes policières, telles que les amendes excessives ou illégales et l'inquisition par la torture afin d'arracher des aveux", a déclaré le député Song Qingwei, cité par le quotidien China Daily.
M. Song s'exprimait devant le Comité permanent de l'Assemblée Nationale Populaire (ANP) lors de l'examen d'un avant-projet de loi donnant au parlement et aux législatures locales un droit de supervision de la justice et de la police.
Les organisations de défense des droits de l'homme à l'étranger accusent régulièrement la police chinoise de torturer les suspects, notamment au Tibet. Plusieurs membres de la secte Falungong ont affirmé avoir été torturés par la police depuis l'interdiction du mouvement en juillet dernier.
Certains cas font surface épisodiquement dans la presse officielle, tels que ces 22 policiers du Henan, dans le centre du pays, démis de leurs fonctions l'an dernier pour avoir tenté d'arracher des aveux par la torture.
La Chine affirme respecter la convention des Nations unies contre la torture et assure que les cas de mauvais traitements sont isolés.
Selon le China Daily, le projet de l'ANP vise à réprimer "les grandes affaires mal jugées ainsi que les activités illégales des juges et des services chargés de faire appliquer la loi".
"Mais certains parlementaires sont mécontents de ce que l'autorité policière ait été laissée à l'écart du projet", a ajouté le journal.
Selon le député Wu Zengrong, "le contrôle doit permettre aux policiers eux-mêmes de dépister les mauvais comportements, réduisant ainsi l'impact négatif pour la société".