Accueil Le Monde
Séquence :  France
Sous-séquence :  Société

cliquez ici Publicité sur le web ConSors






Les Français se montrent accueillants à l'égard des réfugiés

Selon un sondage pour le HCR, 74 % des Français se disent attachés au droit d'asile
Un sondage réalisé pour le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés et rendu public mardi 23 novembre reflète l'évolution de l'opinion française dans un sens favorable aux réfugiés. Les trois quarts des personnes interrogées par l'institut Ipsos pensent que la France doit accueillir les persécutés. Cette évolution semble liée à la diffusion massive d'images des camps de réfugiés pendant la guerre du Kosovo.
Sylvia Zappi zappi@lemonde.fr
Mis à jour le mardi 23 novembre 1999

LA CRISE DU KOSOVO semble avoir modifié l'image des réfugiés aux yeux des Français. Selon un sondage Ipsos réalisé les 29 et 30 octobre pour le compte du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), trois Français sur quatre estiment que « la France doit accueillir les réfugiés qui lui demandent asile parce qu'ils sont persécutés dans leur pays » (enquête sur un échantillon de 1 015 personnes interrogées selon la méthode des quotas). Un an auparavant, seules 31 % des personnes interrogées pour le sondage annuel de la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH) s'étaient déclarées d'accord avec la phrase  « La France doit demeurer une terre d'accueil ».

Le changement paraît spectaculaire : 74 % des Français se disent aujourd'hui « attachés » au droit d'asile, et 70 % des sondés pensent que les réfugiés sont « en général plutôt bien accueillis » en France. L'empathie à l'égard des réfugiés est telle que 59 % des personnes interrogées se disent prêtes à donner de leur temps pour participer à des actions d'aide et 51 % à faire des dons au HCR. Lucides, 40 % des personnes interrogées avouent que le conflit du Kosovo les a « plus qu'avant » sensibilisées à la cause des réfugiés en général. Mais ils sont 50 % à estimer qu'ils sont « autant » sensibilisés à cette cause qu'avant la guerre au Kosovo. Cet élan ne se limite pas aux réfugiés originaires du Kosovo (79 % de sympathie) mais touche aussi les réfugiés d'Amérique centrale ou du Sud (75 %), les Asiatiques (74 %) et les Africains (72 %).

MÉCONNAISSANCE

Le sondage révèle également une méconnaissance de la situation des réfugiés, les personnes interrogées mettant davantage en avant leur « misère », leur « pauvreté » plutôt que les persécutions, qui font pourtant leur spécificité. Les raisons de l'exil sont fortement identifiées à la guerre. Cette confusion est perceptible quand on leur demande qui sont les réfugiés qui demandent l'asile à la France : alors que 52 % répondent  qu'il s'agit « des personnes persécutées dans leur pays », 41 % des sondés évoquent des personnes « qui connaissent des difficultés économiques dans leur pays  ».

A propos des actions à engager pour venir en aide aux réfugiés en France, les personnes interrogées se montrent plus distantes : 47 % préfèrent « favoriser, quand cela est possible, le retour dans leur pays d'origine » ; seulement 23 % souhaitent leur apporter une aide matérielle. Si le droit d'ingérence est plébiscité (83 %), l'accueil en France apparaît comme la moins bonne des solutions. « Cette approche met un peu à mal la notion même du droit d'asile », estime Corinne Perthuis, chargée de la communication au HCR. Les responsables de l'agence de l'ONU veulent aujourd'hui profiter de cet élan de sympathie pour demander aux pouvoirs publics un meilleur accueil des réfugiés. « De nombreux demandeurs d'asile sont aujourd'hui à la rue. Ce qui a été obtenu pour les Kosovars doit être étendu à tous les réfugiés présents en France », insiste-t-on au HCR.

Sylvia Zappi


Mode texte pour impression
Droits de reproduction et de diffusion réservés; © Le Monde 1999
Usage strictement personnel. L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions. Lire la Licence.