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Regain de violence en Algérie

 
Mis à jour le vendredi 7 juillet 2000

A QUELQUES JOURS de l'anniversaire de la loi sur la concorde civile, l'Algérie connaît un regain de violence. Selon le Quotidien d'Oran du jeudi 6 juillet, onze personnes ont été assassinées, dans la nuit de mardi à mercredi, par un groupe armé dans la région de Relizane, à quelque 300 kilomètres à l'ouest d'Alger. Cette nouvelle tuerie vient s'ajouter au massacre de neuf personnes, mardi, par des islamistes près de Tipaza, une ville balnéaire proche de la capitale, et à celui de quatorze autres Algériens, dimanche, à la périphérie de Blida, aux portes d'Alger par des groupes armés. Ces bilans ne tiennent pas compte des islamistes abattus par les forces de l'ordre au cours de ratissages dont la presse établit un bilan quotidien.

Dans son édition de jeudi, le Quotidien d'Oran indique que le massacre de Relizane est à mettre sur le compte du Groupe islamique armé (GIA). Après avoir égorgé les onze membres de deux familles, ils ont « attaché des explosifs aux corps de certaines victimes qui ont sauté à l'arrivée des forces gouvernementales, tuant un militaire et en blessant grièvement deux autres », écrit le journal. La même nuit, mais à proximité de Tipaza, neuf civils avaient été égorgés à la hache, dont plusieurs femmes ainsi que des adolescents qui tentaient de s'enfuir, selon le journal Liberté

Le 13 juillet 1999, le président Bouteflika avait promulgué la loi sur la concorde civile. Destinée à mettre un terme à la violence qui secoue le pays depuis huit ans et qui a fait plus de cent mille morts, elle amnistiait les islamistes qui n'avaient pas à se reprocher de crimes de sang, de viols ainsi que ceux qui n'avaient pas déposé de bombes sur les lieux publics. Approuvée par référendum et généreusement appliquée, la loi a été dénoncée par le GIA d'Antar Zouabri et le Groupe salafiste pour la prédication et le combat de Hassan Hattab.

Depuis le 13 janvier, date de la fin de l'application de la loi, près de mille deux cents personnes ont été assassinées, avec une moyenne de deux cents par mois, selon les décomptes établis par la presse privée.





Le Monde daté du samedi 8 juillet 2000

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