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La junte militaire ivoirienne fait arrêter quatre dirigeants du parti de M. Ouattara

Le référendum sur la nouvelle Constitution sera organisé le 23 juillet
Le chef de la junte, le général Robert Gueï, arrivé au pouvoir par un coup d'Etat, le 24 décembre 1999, a signé le décret convoquant les électeurs le 23 juillet pour le référendum sur une nouvelle Constitution. Cette consultation devrait être la première étape d'un processus électoral pour un retour à un régime démocratique. Quatre dirigeants du parti d'Alassane Ouattara, ont été arrêtés mercredi 12 juillet par la junte.
 
Mis à jour le jeudi 13 juillet 2000

QUATRE membres du Rassemblement des républicains (RDR), parti de l'ancien premier ministre de feu Félix Houphouët-Boigny, Alassane Dramane Ouattara, ont été interpellés mercredi 12 juillet par la gendarmerie, dans le cadre de l'enquête sur la mutinerie des 4 et 5 juillet, a indiqué le ministre de la communication et membre de la junte au pouvoir, le capitaine de frégate Henri Sama.

Amadou Gon Coulibaly, secrétaire général adjoint du RDR, et Aly Coulibaly, porte-parole du parti, sont détenus au camp commando de la gendarmerie de Koumassi à Abidjan, tandis que Mamadou Coulibaly (oncle de Gon Coulibaly) et Coulibaly Sangafoa, responsable du parti à Korhogo (nord du pays), se trouvent au quartier général de la gendarmerie, selon le RDR qui a condamné « ces arrestations arbitraires ». Dans un communiqué signé par la secrétaire générale du parti, Henriette Diabaté, le RDR demande « leur mise en liberté immédiate ». Dans son communiqué, Mme Diabaté, ministre d'un précédent gouvernement du général Robert Gueï, appelle les militants du RDR « à rester sereins, mobilisés et à l'écoute des mots d'ordre de la direction du parti ».

Deux avocats du RDR ont pu voir brièvement, mercredi matin, Aly Coulibaly et Amadou Gon Coulibaly, au camp de gendarmerie de Koumassi. Le commandant de ce camp leur a indiqué « attendre les instructions de ses supérieurs », a déclaré Me Adama Camara, l'un de ces avocats, qui a souligné ne pas avoir pu obtenir de précisions sur le cadre juridique dans lequel ses clients avaient été interpellés. D'autres avocats du RDR se sont rendus au quartier général de la gendarmerie.

Les 4 et 5 juillet, des centaines de soldats se sont emparés d'armes dans leurs casernes et unités et ont envahi les rues d'Abidjan et de plusieurs villes du pays, manifestant pour des revendications matérielles. Le chef de la junte au pouvoir, le général Robert Gueï, avait affirmé que des « hommes politiques » avaient tenté de manipuler le mouvement des mutins pour le transformer en coup d'Etat.

APRÈS LA MUTINERIE

Il n'avait cité explicitement aucun parti ou responsable politique. Mais il avait convoqué les dirigeants des principaux partis au camp de gendarmerie où il s'était rendu « pour sa sécurité » pendant la mutinerie. En l'absence de représentants du RDR, le parti de M. Ouattara ayant décidé de ne pas se rendre à cette rencontre, le général Gueï avait affirmé que « ceux qui ne sont pas venus savent ce qu'ils se reprochent ». Les mutins ont de leur côté démenti toute manipulation politique de leur mouvement. La mutinerie a cessé après la conclusion d'un accord entre la junte et les mutins, prévoyant notamment, selon des sources concordantes, le versement de 1 million de francs CFA (10 000 francs français) à chaque membre de l'armée, des forces de l'ordre et autres « corps habillés ».

Ces événements surviennent à moins de deux semaines d'un référendum sur une nouvelle Constitution, premier pas d'un processus électoral qui doit permettre, selon la junte, le retour à un pouvoir démocratique avant fin octobre. Les grands partis ont appelé à voter en faveur du projet élaboré à l'initiative de la junte, dont certaines dispositions pourraient, selon ses adversaires, rendre M. Ouattara inéligible .­ (AFP.)





Le Monde daté du vendredi 14 juillet 2000

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