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Purge dans la junte ivoirienne contre les partisans d'Alassane Ouattara

La gendarmerie a perquisitionné, sans rien saisir, au domicile du numéro deux de la junte, le général Palenfo, soupçonné d'être un proche de l'opposant
 
Mis à jour le jeudi 21 septembre 2000

ABIDJAN de notre correspondante

L'attaque de la résidence du chef de la junte, le général Robert Gueï, dans la nuit de dimanche à lundi, présentée par le pouvoir comme une « tentative d'assassinat », a donné lieu à un vaste nettoyage dans la garde présidentielle. Cette chasse aux sorcières s'est étendue mercredi 20 septembre au sommet de l'Etat avec la perquisition par la gendarmerie du domicile du numéro deux de la junte, le général Lassana Palenfo. Une fouille de quatre heures, qui, selon la famille présente sur les lieux, n'a rien donné.

Cet ancien judoka de cinquante-neuf ans, ministre de la sécurité, était à Sydney, en tant que président du comité olympique ivoirien, depuis le début des Jeux. Mardi, il a quitté la capitale australienne après avoir appris l'arrestation du chef de sa garde rapprochée. Il était dans l'avion lorsque la perquisition a été effectuée et est attendu jeudi à Abidjan. Depuis le coup d'Etat de décembre 1999, les spéculations allaient bon train sur ses rapports avec le général Gueï. « Palenfo et moi, c'est comme l'arbre et l'écorce », avait dû proclamer en public le chef de la junte alors que les rumeurs se faisaient de plus en plus persistantes sur des dissensions entre les deux hommes. Mais ces déclarations n'ont pas empêché sa mise à l'écart et, depuis quelques mois, malgré son poste de ministre, le général Palenfo avait de moins en moins de prise sur les questions de sécurité.

ANCIEN MINISTRE

Le général Palenfo a toujours été présenté comme un proche de l'ancien premier ministre, Alassane Ouattara, dont il fut le ministre de la sécurité. Mais il est resté au gouvernement et s'est montré loyal avec le général Gueï lorsque le parti de M. Ouattara a été évincé du gouvernement au printemps. Il n'a pas non plus pris position dans le bras de fer qui s'est alors engagé entre le général Gueï et l'ancien premier ministre, candidat, comme le chef de la junte, à l'élection présidentielle d'octobre. La perquisition de son domicile n'a pas fait l'unanimité au sein de la junte et, selon un militaire membre du gouvernement, le général Gueï lui-même aurait désapprouvé la méthode employée par la gendarmerie. Le chef d'état-major, le général Soumaïla Diabakaté, a lancé un appel au nom de l'armée et des forces de sécurité pour que les militaires soient « laissés en dehors des manoeuvres politiciennes pour que leur cohésion soit préservée ». Il a mis en garde ceux « qui s'emploient à cultiver la division au sein des forces de défense et de sécurité, au risque de mettre en péril la vie de la nation ». La purge a touché jusqu'ici essentiellement la garde présidentielle que l'on savait de plus en plus divisée depuis l'annonce de la candidature du général Gueï à la présidentielle. La grande majorité des soldats et officiers arrêtés depuis lundi sont originaires du nord du pays, comme M. Ouattara. Et donc suspectés de le soutenir.

Fabienne Pompey



Le Monde daté du vendredi 22 septembre 2000

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