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  ©AFP 2000Côte-d'Ivoire: nouvelles violences à Abidjan
mardi 05 décembre 2000 - 12h53 heure de Paris

ABIDJAN (AFP) - En Côte-d'Ivoire, les quartiers populaires d'Abidjan ont été le théâtre mardi matin, pour la seconde journée consécutive, de violences meurtrières entre des partisans de l'ancien premier ministre Alassane Ouattara, exclu des législative du 10 décembre, et les forces de l'ordre ou des militants du pouvoir.

Selon le RDR, le parti d'Ouattara, ces affrontements ont fait au moins 30 morts depuis lundi tandis qu'un bilan officiel faisait état de trois morts lundi en milieu de journée.

Des témoignages concordants ont notamment fait état de courses poursuites entre militants de partis opposés, armés de machettes, dans les quartiers d'Abobo et Yopougon et également d'usage de gaz lacrymogènes et de bastonnades policières contre des militants du RDR. Dans les quartiers populaires d'Adjamé, Treichville, Yopougon et Koumassi, des petits groupes de militants du RDR ont érigé des barricades de planches et de pneus en feu.

Un correspondant de l'AFP qui s'est rendu à Abobo au nord d'Abidjan, a vu deux cadavres devant une société de construction et un camion de l'armée qui emmenait des habitants du quartier après une rafle. Le directeur général français de cette société a indiqué par téléphone que l'un de ses techniciens français avait été blessé légèrement à la tête par l'armée dans la matinée. Il a dit avoir vécu "de véritables scènes de guerre civile".

Les écoles françaises de la capitale économique ivoirienne ont été fermées pour la journée de mardi. Des consignes de prudence - qualifiées "d'habituelles" - ont été données par l'ambassade aux quelque 20.000 ressortissants français du pays, qui ont reçu dans certains quartiers la recommandation de ne pas sortir de chez eux.

Les affrontements de mardi se sont produits au lendemain d'un rassemblement, parfois violent, de dizaines de milliers de partisans d'Alassane Ouattara, qui protestaient contre le rejet par la Cour suprême de la candidature de leur leader aux législatives du 10 décembre. Dans la soirée de lundi, le président Laurent Gbagbo a décrété l'état d'urgence et le couvre-feu jusqu'au 12 décembre, et la réquisition de l'armée pour appuyer les forces de l'ordre. Dans une allocution télévisée, le chef de l'Etat a exclu de revenir sur le cas Ouattara.

La secrétaire général du RDR, Henriette Diabaté, "Les gens ne peuvent agir que dans la violence". Selon elle, le régime a donné l'ordre de "tirer sur tout ce qui bouge". Interrogée sur le type de protestation contre le pouvoir envisagé par la direction du RDR, elle a indiqué que son mouvement avait renoncé à "de grandes manifestations". "Nous n'avons plus de mot d'ordre... Les gens voient, jugent et agissent. Les jeunes gens (du RDR) ont été poussés à bout par le pouvoir, ils sont prêts à mourir".

Ouattara, un musulman dont la famille est originaire du nord du pays, avait déjà été exclu de la présidentielle d'octobre dernier pour cause de "nationalité douteuse". Il est actuellement dans le sud de la France.


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