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Le président ivoirien dénonce une « action terroriste »
APRÈS une première nuit de couvre-feu décrétée par le gouvernement, la vie normale a repris à Abidjan, mardi 9 janvier, au lendemain d'une tentative de putsch déjoué par des forces loyales au président Laurent Gbagbo. Lundi soir, dans une allocution télévisée depuis son village natal dans l'ouest de la Côte d'Ivoire, où il séjourne actuellement « en vacances », le chef de l'Etat a qualifié d'« action terroriste » le coup de force qui, officiellement, a fait six morts et de nombreux blessés. Appelant ses concitoyens à la « sérénité », il a annoncé le maintien des élections législatives partielles pour le dimanche 14 janvier, dans les 26 circonscriptions du nord qui, en raison du boycott du scrutin par le parti de l'ancien premier ministre, Alassane Ouattara, n'avaient pas pu organiser le vote le 10 décembre dernier. Lundi, dans l'après-midi, le gouvernement avait déjà rendu publics les premiers éléments de son enquête sur l'assaut nocturne de la radio et de la télévision nationales, ainsi que du principal camp de la gendarmerie. « Au moins 31 personnes », dont un ressortissant libérien, auraient été arrêtées. Sans indentifier politiquement les assaillants ou leurs commanditaires, les ministres de la défense et de l'intérieur ont indiqué que ceux-ci semblaient disposer d'« appuis dans des pays voisins ». Une colonne de dix véhicules tout-terrain, lourdement armés, aurait escorté une « limousine Mercedes » en faisant route, depuis l'extrême nord la Côte d'Ivoire, vers Bouaké, au centre. Attaqué par un avion militaire, ce convoi aurait fait demi-tour et pris la direction de la petite ville de Kong, berceau de la famille Ouattara. Jamais explicitement, mais par tout un faisceau d'indices, l'ancien premier ministre est mis en cause. A Abidjan, les assaillants se seraient rassemblés près du siège de son parti, dont ils auraient, par ailleurs, tenté de libérer trois responsables, détenus depuis décembre. Dans les rangs des insurgés, pour la plupart originaires du nord à en juger leurs patronymes, se seraient trouvés des militaires ayant participé, en septembre, à l'attaque de la résidence de l'ex général-président Gueï, alors attribuée à des partisans d'Alassane Ouattara. Celui-ci, contacté lundi soir dans sa résidence parisienne, a rejeté « des accusations sans preuves », ajoutant : « Chaque fois qu'il y a un coup en Côte d'Ivoire, on dit que c'est moi ». Réitérant sa revendication d'une reprise, à la fois, de la présidentielle d'octobre et des législatives de décembre, « pour une représentation réelle des forces politiques », il a affirmé : « Nous voulons le pouvoir par les urnes et non pas par les armes ». Stephen Smith |
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